Faire la couvige les pieds dans la Garnassoune
Le mémorial des Saumons se prépare à l'ACI de Langeac-Paulhaguet
Les Saumons naissent et remontent l’Allier, d’un même endroit où tout commence et finit. Sur un chemin semé d’embuches bien peu atteindrons l’océan encore moins reviendrons pour frayer dans ces eaux qui chaque années se réchauffent.
Bien des alvins de modestes tacons ou de smolt frétillants descendent pour quelques Becard qui remontent. Cette tragédie naturelle dont le héro serait cellui qui arrive jusqu’à la frayère ne doit pas faire oublier que le saumon est multiforme et que chacune des vies de son peuple est importante. Ce qui compte, c’est le mouvement dans lequel il s’inscrit qui fait remonter au Saumon les matières de l’océan. Ce qui est effectivement tragique, ce sont les voies de la mer qui ne remontent plus les ruisseaux, les sauts des poissons qui ne nourrisent plus d’ours ventripotants.
Ces chemins qui ont été captés au profit de ceux qui les exploitent avec la complicité, il faut bien le dire, de notre gloutonnerie ont initié de nouvelles transformations terrifiantes qui permettent au poisson roi d’accomplir son voyage en masse. les saumons remontent aujourd’hui des océans dans des bâteaux d’élevage aux dimensions pharaoniques, drone camions, centre de logistique, des fermes terrestres pour lesquelles on canalise les rivières.
D’un point de vue strictement évolutif, les saumons n’ont jamais été aussi nombreux, pourtant leur disparition des rivières ne rend pas plus heureux. C’est pour préserver cette joie d’être vivant que des humain.es se sont battues pour permettre que le saumon garde sa place dans l’allier. Les passes à poisson témoignent notamment de ces frictions.
Avec les salarié.es de l'ACI, nous nous rendons à l'étang de la Ganassoune à Salzuit. Iels sont habituellement chargé de son entretient, on peut dire qu'iels connaissent bien les lieux. Dans la veine que nous avons identifié avec Cécile, nous prélevons quelques seaux de terre. Pendant ce temps, nous échangeons avec un des encadrants sur carreaux france ou il a travaillé plusieurs dizaines d'années et son père à la tuilerie avant lui. Les pieds dans cette terre aux qualités plastiques, nous arrivons à la conclusion qu'elle est le matériau qui abrite de la pluie, le gîte d'espèces de zones humides qui profitent des mares qui se forment à cause de son imperméabilité. C'est aussi pour de nombreuses habitant.es humaines du coin ce qui fait la raison d'être ici. Les anciens qui sont venus celleux qui sont resté.es travailler dans les tuileries du bassin paulhaguetois forment les populations d'aujourd'hui. Cette glaise c'est elle qui fait le lit majeur de la Senouire et de l'Allier, il y a donc un lien entre cette qualité de terre et l'eau qui héberge les poissons.
A partir de tuile prédécoupées en carton, nous essayons de maquetter les phases de transformation des saumons.